Portrait: Esther Duflo, économiste de la pauvreté

Esther Duflo
Esther Duflo, économiste

En moins d’un mois, le nom d’Esther Duflo est apparu deux fois sur mes écrans radar: dans le palmarès des penseurs les plus importants de 2010 de Foreign Policy et dans une entrevue de L’Express à titre de récipiendaire de la médaille John Bates Clark de l’American Economic Association pour ses travaux sur la réduction de la pauvreté.

Elle a publié en 2010 Lutter contre la pauvreté : Le développement humain et Lutter contre la pauvreté: Les politiques de l’autonomie (Ed. du Seuil). En avril paraîtra Poor Economics: A Radical Rethinking of the Way to Fight Global Poverty qu’elle signe avec Abhijit Banerjee. La traduction française suivra quelques mois plus tard.

Première titulaire de la Chaire Savoirs contre la pauvreté au Collège de France, vous pouvez voir ici sa leçon inaugurale.

Ses travaux se concentrent sur l’évaluation des mesures pratiques de réduction de la pauvreté, que ce soit dans le domaine de l’éducation (support aux enfants), de l’agriculture (meilleur incitatif à utiliser les engrais), de la faim, de la santé (décalage entre ce qu’on demande aux infirmières et les possibilités réelles qu’elles ont), etc.

Elle me semble dans la lignée d’Amartya Sen, prix Nobel d’économie en 1998, pour ses nombreux travaux sur les rapports entre la justice, la démocratie, les libertés concrètes  ou capabilités (c’est-à-dire la possibilité réelle de faire quelque chose) et la pauvreté. Esther Duflo se concentre, elle, sur la mesure des résultats. Pour un économiste, ce n’est  pas très original de mesurer les choses pour tenter d’y voir clair, mais ce faisant, elle donne plus dans la sociologie que dans l’économie au sens strict. Cela lui a valu quelques critiques sur la portée réelle de ses mesures. Mais en tout état de cause, souvenez-vous de son nom: à 39 ans, elle a encore quelques années devant elle.

Quoiqu’il en soit de tout le reste, les mots à retenir sont éducation, capabilités (les possibilités concrètes de faire quelque chose), santé et diminution des inégalités sociales et économiques. Si tout le monde pouvait se mettre ça dans la tête, nos sociétés s’en porteraient beaucoup mieux et les politiciens diraient moins d’âneries.

À titre d’anecdote, son livre favori de 2010 était Imperial Life in the Emerald City: Inside Iraq’s Green Zone de Rajiv Chandrasekaran, sur la vie à l’intérieur de la zone verte de Bagdad. On en a tiré un film (Green Zone) avec Matt Damon que je me promets bien de voir tant ce que le livre raconte semble surréaliste.

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1 commentaire

Classé dans Économie, Penseurs, Portrait

Une réponse à “Portrait: Esther Duflo, économiste de la pauvreté

  1. Françoise

    Bonjour Christian,
    J’ai vu le film Green Zone (en vidéo) récemment. Ce suspense bien mené raconte la saga des armes de destruction massive en Irak. Dans quelle mesure reflète-t-il bien le livre (toujours un défi, et pas toujours relevé), je ne sais pas, mais l’histoire est effectivement surréaliste.

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